[Depuis quelque temps je m'essaie à la féminisation des textes, n'ayant pas mis de ·e· à "amis" je m'adresse donc aux garçons, tu suis ?]
J’t'aime bien toi et toi et toi, mais faut que j’avoue que j’ai parfois envie de te filer des claques quand je t’entends ou te lis.
“J’ai hurlé comme une gonzesse”
“C’est pas un truc de taffiole !”
“Ramenez vos couilles les mecs !”
“Enculé !”
(Quelques extraits glanés ici ou là ces derniers jours…)
Quitte à passer pour la connasse de service, j’vais mettre les points sur les i… Non, mon cœur il n’est pas nécessaire d’avoir des couilles pour avoir du courage. On vit même très bien sans, je t’assure, demande à l’autre moitié de l’humanité !
Non ça n’a rien de rabaissant d’aimer se faire pénétrer, non, ça ne fait pas mal, et tout le monde peut y avoir droit, garçons et filles, homos et hétéros, si c’est pas beau !
Non les filles (et les homos par extension) ne sont pas de petit⋅e⋅s choses fragiles qui crient, ont peur, s’évanouissent ou que sais-je. Tu as même le droit toi aussi de ressentir tout plein d’émotions et de les montrer, ça n’a rien d’humiliant.
Tu l’sais déjà ? Cool !
J’voudrais donc que tu te rendes compte qu’à chaque fois que tu lâches une connerie de ce genre-là, tu le fais depuis ton statut privilégié de p’tit mec hétéro : celui à qui son genre n’empêche rien (à part rentrer dans les toilettes des filles ; breaking news : il ne s’y passe rien d’intéressant), celui à qui l’on ne reprochera jamais ses préférences sexuelles.(T’imagines te faire traiter de sale hétéro ?)
Second degré ou non ça ne change pas grand chose : tu es en haut de l’échelle et tu ris de ceux⋅lles qui sont plus bas que toi. Tu m’permettras donc de ne pas rire avec toi.
Se réapproprier un mot, faire d’une insulte un terme dont on est fièr⋅e c’est cool, mais c’est à la meuf homo de décider si elle veut se dire gouine, c’est au gay de choisir de s’appeler pédé ou non. Dans ta bouche c’est une insulte.
Là il me faudrait une conclusion qui montre bien que c’est un coup de gueule plus qu’une leçon de morale. Mais j’arrive pas à conclure d’une façon qui fasse pas prof-donneuse de leçons-connasse d’universitaire qui kiffe les notes de bas de page.
Nan mais en fait je kiffe les notes de bas de page ! Va donc lire, voir, écouter :
- L’histoire du finaud qui se croit au-dessus du lot sur les Entrailles.
- La réappropriation du terme “pédé”, sur Wikipédia.
- L’homosexualité, du secret à la fierté – L’invention du terme “gai”.
- Identity et Identity Politics, Erika Moen elle est trop forte, j’trouverais toujours une bonne raison de la citer…
- L’hétérosexisme ordinaire de madame Suzie. (Le jukebox à citations de Nico c’est trop la classe !)
- la chouette émission de Cas-libres sur les termes pour définir son identité sexuelle.
sympa comme article et je comprends ta colère, juste que ça fait un sacré bail que j’utilise des phrases tels que “c’est pas un ordi de pd”, “on va encore passer une soirée entre couilles”, “t’as pas de couilles”, “bats toi si t’es un homme” etc, c’est pas forcement évident de changer du jour au lendemain pour ne pas choquer une minorité de la population, surtout que je le fais sans arrière pensée aucune à la base…
Il ne s’agit pas de ne pas choquer, mais de se rendre compte qu’on utilise les mots de l’ennemi quand on se sert de ces expressions-là, même pour de rire.
On a suffisamment d’imagination et de vocabulaire à disposition pour éviter les mots racistes, sexistes ou homophobes.
oui on en a mais c’est devenu une habitude, surtout qu’une fois encore je vais me répéter mais c’est sans arrière pensée l’utilisation de tels mots, c’est toi (et éventuellement des personnes qui se sentiraient visées) qui leur prêtent une connotation raciste, sexiste our homophobe.
De la même manière lorsqu’un travail est mal fait, instinctivement je peux dire “c’est un travail de nègre”, c’est une expression de la langue française, ça veut pas dire que je déteste les êtres humains d’origine africaine (bien au contraire, je suis métisse et fier de l’être).
Et dernier exemple en date, je trouve que le basket est un sport ou y a pas assez de contact, je l’ai donc qualifié de “sport de gonzesse”, est ce que ça fait de moi quelqu’un de sexiste pour autant? En toute sincérité je ne pense pas